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Pékin a mené des manoeuvres militaires autour de Taïwan et menace de nouvelles opérations
information fournie par Reuters 14/10/2024 à 16:25

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L'armée chinoise dit que ces exercices sont un "avertissement"

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Le président taïwanais Lai Ching-te dénonce

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Des garde-côtes chinois autour d l'île de Matsu

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Washington suit l'évolution de la situation

(Actualisé avec déclaration du ministère chinois de la Défense)

par Ben Blanchard et Yimou Lee

L'armée chinoise a mené lundi une nouvelle série de manoeuvres militaires près de Taïwan présentées comme un avertissement aux "actes séparatistes des forces indépendantistes de Taïwan".

La Chine a brandi la menace de nouvelles opérations si nécessaire.

Taïwan était en état d'alerte depuis le discours prononcé la semaine dernière par son président Lai Ching-te, à l'occasion de la Fête nationale, au cours duquel ce dernier a estimé que la Chine n'avait pas le droit de représenter l'île.

Pékin, qui qualifie le président taïwanais démocratiquement élu de "séparatiste", considère Taïwan comme faisant partie intégrante de son territoire.

Le commandement du théâtre oriental de l'armée chinoise a précisé que les exercices "Joint Sword-2024B" se sont déroulés dans le détroit de Taïwan et dans les régions situées au nord, au sud et à l'est de Taïwan.

Peu après l'annonce de la fin de ces opérations, le ministère chinois de la Défense a averti que ces exercices militaires n'étaient pas une répétition des exercices "Joint Sword-2024A" qui ont eu lieu en mai, mais visaient à accentuer la pression sur Taïwan.

Les exercices "Joint Sword-2024A" tenus en mai avaient fait office de "punition" après le discours d'investiture de Lai Ching-te, jugé "sécessionniste".

"Les actions de l'Armée de libération populaire iront de pair avec chaque provocation liée à 'l'indépendance de Taïwan', jusqu'à ce que le cas de Taïwan soit totalement réglé", a déclaré le ministère chinois de la Défense dans un communiqué.

L'armée chinoise a déclaré que ces exercices constituaient "un important avertissement contre les actes séparatistes des forces indépendantistes de Taïwan".

"Il s'agit d'une opération légitime et nécessaire pour sauvegarder la souveraineté de l'État et l'unité nationale."

Par ailleurs, Pékin a annoncé lundi avoir pris des sanctions à l'égard de Robert Tsao, un homme d'affaires et élu taïwanais, accusé par la Chine d'activités criminelles et indépendantistes présumées.

Une carte rendue publique par la Chine montre les neuf zones où se sont déroulées les manoeuvres : deux sur la côte est de l'île, trois sur la côte ouest, une au nord et trois autour d'îles contrôlées par Taïwan et situées à proximité de la côte chinoise.

Des navires de guerre, des contre-torpilleurs et des avions chinois se sont approchés de Taïwan "à proximité immédiate depuis différentes directions", en se concentrant sur des patrouilles de préparation au combat mer-air, en bloquant des ports et des zones clés, et en attaquant des cibles maritimes et terrestres.

Un communiqué militaire a précisé que le porte-avions chinois Liaoning et ses navires de soutien avaient opéré à l'est de Taïwan.

Pas moins de 17 navires de guerre chinois et 125 appareils aériens militaires chinois ont été détectés autour de Taïwan, selon le ministère taïwanais de la Défense.

En 2022, peu après la visite à Taïwan de la présidente d'alors de la Chambre des représentants des Etats-Unis, Nancy Pelosi, la Chine avait tiré des missiles au-dessus de l'île.

INCURSIONS DES GARDE-CÔTES

La chaîne de télévision publique chinoise CCTV a rapporté que des garde-côtes chinois avaient encerclé Taïwan et organisé des patrouilles de "maintien de l'ordre" à proximité des îles taïwanaises de Matsu et Dongyin. Elle a également expliqué que la marine était entrée pour la première fois dans les "eaux à l'accès restreint" de l'île de Matsu afin de "détruire complètement" les frontières fixées par les autorités taïwanaises.

CCTV a ajouté que la Chine "pourrait effectuer des patrouilles régulières de maintien de l'ordre autour de Matsu à l'avenir".

D'après des responsables, le Conseil de sécurité nationale mené par Lai Ching-te s'est réuni lundi pour discuter de la situation.

Le président taïwanais a condamné ces exercices et a déclaré qu'ils étaient "destinés à saper la paix et la stabilité régionales et à continuer à contraindre les pays voisins par la force".

"Le recours à la force militaire pour menacer d'autres pays va à l'encontre de l'esprit fondamental de la charte des Nations unies, qui est de résoudre pacifiquement les différends", a déclaré pour sa part à la presse le secrétaire général du Conseil national de sécurité, Joseph Wu.

D'après les médias d'État chinois, l'armée a procédé à des tirs de missiles simulés, tandis que des avions de chasse ont "ouvert des couloirs d'assaut aérien" et des bombardiers ont effectué des missions à long rayon d'action.

"PROVOCATIONS FLAGRANTES"

Le Conseil taiwanais des affaires continentales, chargé de la politique à l'égard de la Chine, a déclaré que les récentes manoeuvres militaires de Pékin et son refus de renoncer à l'usage de la force constituaient des "provocations flagrantes" qui compromettent gravement la paix et la stabilité régionales.

Des représentants de l'administration du président américain Joe Biden ont dit, pour leur part, que Washington surveillait les exercices de la Chine et que rien ne justifiait leur tenue après le discours de Lai Ching-te, considéré comme "normal".

"Nous appelons la RPC à agir avec retenue et à éviter toute nouvelle action susceptible de compromettre la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan et dans l'ensemble de la région, ce qui est essentiel à la paix et à la prospérité dans la région et constitue un sujet de préoccupation internationale", a déclaré le porte-parole du département d'Etat américain, Matthew Miller, en utilisant les initiales de la République populaire de Chine, le nom officiel de la Chine.

(Reportage Ben Blanchard et Yimou Lee; avec la contribution de Fabian Hamacher à Hsinchu, à Taiwan, bureau de Pékin et Trevor Hunnicutt à Washington; rédigé par Greg Torode et James Pomfret; version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault)

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